Bloc notes
Logement
Le 08/01/2007
Après cinq ans d’inaction, il a fallu la pression du mouvement associatif et la mobilisation de l’opinion pour que le gouvernement et le président de la République prennent enfin la mesure de la crise du logement et des sans abris. Une prise de conscience bien tardive.
Depuis 2002, le gouvernement et sa majorité mènent une politique du logement qui accroît les inégalités et ne répond en aucune manière aux besoins des centaines de milliers de demandeurs de logement social et de plus de trois millions de mal-logés.
Entre 2002 et 2005, les aides à la personne ont augmenté de 3% alors que les loyers ont augmenté de 14% et les prix à la construction de plus de 50%. Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour réguler le marché et a même encouragé la spéculation par des réformes fiscales comme le dispositif De Robien, sans aucune contrepartie sociale.
Le budget logement pour 2007 aggravera encore la situation. Les crédits de l’Etat pour la construction locative sociale baissent de 77 millions d’Euros par rapport à 2006, en net recul par rapport au programme du plan de cohésion sociale.
Pour se donner bonne conscience à peu de frais, le gouvernement va présenter le 17 janvier en conseil des ministres un projet de loi instituant un droit opposable au logement, sans vraiment préciser qui sera garant de ce nouveau droit. Le risque est grand aujourd’hui qu’il se défausse une fois de plus sur les seules collectivités territoriales.
Les parlementaires socialistes utiliseront le débat pour rendre effectif et concret le droit opposable au logement avec un plan de construction de logements d’urgence, le renforcement des pénalités pour les communes qui n’appliquent pas la loi SRU et la mise en place du " bouclier logement " pour les ménages aux revenus modestes, l’augmentation des moyens financiers en faveur des associations qui accompagnent les personnes en difficulté.
Proclamer dans l’urgence électorale un droit au logement opposable ne suffit pas. Pour faire du droit au logement une réalité, il faut plus que des effets d’annonce. Il faut changer radicalement de politique. Entre le " bouclier logement " pour les plus modestes et le " bouclier fiscal " pour une minorité de privilégiés, il faut choisir !
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