Fini, le temps où le très pratiquant général de Gaulle s’abstenait de communier lorsqu'il participait à une messe en tant que chef d'Etat.
Monsieur Sarkozy dérape ? Non, il pose la première pierre d’une société dans laquelle la morale religieuse va s’immiscer dans la vie publique. Pourquoi est-il si choquant de voir le sommet de l’Etat accueillir le pape avec un protocole si appuyé ? Après tout, le pape est aussi à la tête de l’Etat du Vatican ? Justement, il s’agit de protocole. Et le pape est avant tout le père spirituel des catholiques du monde entier. Aujourd’hui, en tant que chef d’Etat, Monsieur Sarkozy engage la République toute entière par ses propos.
La séparation entre le politique et le religieux est pourtant ancrée dans notre République depuis la loi de 1905. C’est une chose à laquelle les Français sont attachés. Ils le sont car la laïcité est le gage du vivre ensemble. Le principe est de permettre à la politique de s’exercer sans lien avec la croyance religieuse. Le fondement de la laïcité en France permet le choix de la religion, mais aussi le doute et donc laisse la place au dialogue et le garantit.
La France, " fille aînée de l’Eglise ", ces mots sonnent justes dans la bouche d’un historien, d’un théologien, d’un fidèle… Ils résonnent curieusement dans la bouche de Monsieur Sarkozy. On l’imagine depuis longtemps, porter l’habit d’un monarque de droit divin. L’idée germe de discours en prises de paroles. Adoubé par le pape en personne…Ca laisse rêveur !
La position de Monsieur Sarkozy, suite logique des discours de Latran et de Ryad, n’est pas acceptable. Il doit être le garant des fondements de la République, dont la laïcité est un pilier.