Bloc notes

Une nuit des écoles pour mieux comprendre les réformes

Le 26/01/2009

Vendredi soir, parents et enseignants des écoles de la communauté du Petit Caux (Saint-Martin-en-Campagne, Penly, Berneval, Tourville-la-Chapelle) et maîtres du RASED (réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté)se sont donnés rendez-vous pour un échange-débat ayant pour sujet l’avenir de l’école primaire.
La disparition programmée du réseau d’aide est le premier sujet de mécontentement. Dès la rentrée, 1 500 postes vont disparaître. Quant aux autres 1 500 postes, leur devenir reste en attente de solution.
Les enseignants ont ensuite détaillé les réformes de l’Education nationale qui pleuvent depuis la rentrée et dont les parents n’en connaissent pas toujours la réalité.
Tout d’abord, la nouvelle évaluation des élèves de CM2 qui se déroule désormais en janvier et non plus en fin d’année. Ce sont des tests chronométrés sur un programme actuellement en cours d’acquisition. Certains des thèmes abordés non même pas encore été vus. Les démarches et types d’erreurs des élèves ne sont plus pris en compte : seules les bonnes réponses sont comptabilisées. Le droit à l’erreur n’existe pas au sein d’un même exercice (c’est bon ou faux ). Les résultats qui découleront de ces évaluations ne seront pas révélateurs du profil des élèves.
Quel est le but caché de celles-ci ? ", se demandent les enseignants… Sinon qu’au-vu des résultats bien des réformes s’imposent et de recueillir ainsi l’accord des parents déstabilisés. Comme ajoute Sandrine Hurel venue assister à la réunion et soutenir parents et enseignants : " Ce n’est qu’un instrument du Ministère pour démontrer la nécessité de ces réformes " et de rappeler l’adage, " Quand on veut piquer son chien, on dit qu’il a la rage ! "
Autre sujet de préoccupation : l’avenir des maternelles. En septembre 2009, Xavier Darcos propose la création de jardins d’enfants financés par les municipalités. Les maîtres de petite section se sentent dévalorisés d’être réduits à de simples " changeurs de couches ".
En 2010, l’institut universitaire (IUFM) qui assurait la fin du cursus de formation des maîtres sur le plan pédagogique va disparaître. Les futurs enseignants seront embauchés avec des diplômes universitaires équivalant à cinq années d’études après le baccalauréat, puis la passation du concours. Se seront-ils frottés à la réalité du terrain au cours de leurs études ? Mystère…
En outre, les actuels remplaçants formés puisque maîtres de l’Education nationale se verront à nouveau attribuer des postes fixes. Ils étaient actuellement en nombre insuffisant et seront remplacés par du personnel recruté pour des contrats à durée déterminée (une sorte d’agence pour l’emploi au cœur même de l’Education nationale va naître). A ce jour rien n’est dit sur la qualité de leur formation.
" L’enseignement est un métier qui n’a rien à voir avec l’improvisation. Les enfants seront les premiers à pâtir de ce système de formation qui va se mettre en place (tête bien pleine ne rime pas toujours avec talent pédagogique), du manque d’expérience des futurs recrutés BAC + 5 et de la précarité du statut des futurs remplaçants. "
L’intérêt de l’aide personnalisée a aussi été soulevé par les parents. Les enseignants répondent que " les samedis matins ont supprimé 12 jours de cours pour l’ensemble des élèves et que l’aide personnalisée ne comble pas leur disparition et ne concerne que quelques élèves. "
De plus, les programmes se sont alourdis. Plus d’acquisitions et moins de temps. Comment faire ? " Un véritable débat sur les rythmes scolaires est urgent et l’enfant doit rester au centre des apprentissages ", répondent les maîtres à l’unisson.
Les parents présents ont exprimé leur soutien au personnel découragé et souhaitent que d’autres réunions soient organisées dans chacune des écoles de la communauté de communes. " Nous allons faire remonter les informations avec tous les moyens dont nous disposons. Nous lançons aussi un appel au plus grand nombre afin de grossir les rangs de la manifestation unitaire organisée jeudi prochain à Dieppe. Le rendez-vous fixé est à 10 h devant la gare. " 
L’avenir de vos enfants et la garantie de l’égalité des chances dans l’école publique reste notre priorité ", déclarent les enseignants. Et de conclure : " Parents, nous avons besoin de vous pour être enfin entendus. "
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